Absence II (2018) Vendu

7,5x5,1 in ~ Dessin, Stylo à bille


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Tu t’es levée, je l'ai senti grâce au tendre baisé que tu as posé sur mon front. Un courant d’air passe, le velux est ouvert et la clope que tu as laissée dans le cendrier fume encore. Cette nuit fût belle et sauvage, le coussin au pied du lit s’en souvient. Enfin ce lit qui quand tu t’enfuis, redevient canapé comme Cendrillon à minuit.
Le jour est au rendez-vous qu’il a pris avec tes courbes et mes yeux qui glissent dessus. Ton regard me charme pour mieux m’observer, tu cherches à savoir si je t’aime ou si seulement nos corps se parlent. Cette pièce peut te répondre : un salon qui est devenu chambre, accueillant deux amants pour les recracher amoureux. Une pièce si petite ne pourrait pas contenir tant d’humanité si elle n’était pas modelée par l’amour.
Les arbres sont nus comme moi sous la couette, sans comprendre pourquoi tu ne l’es plus. Je sais que tu dois aller travailler, mais je pense juste que la vie est si cruelle de nous priver d’un moment qui aurait pu être magique. Peut-être que je m’emballe ou que je me trompe mais ça ne fait pas peur. Tout me donne donne l’impression d’être en sécurité, la douce chaleur du radiateur, les grincements du clic-clac chaque fois que je bouge et surtout ton parfum naturel, sans rien d’autre que ce que ta peau dégage.
La porte s’est claquée, la journée va être longue mais pas plus que ton absence. Je suis sûr que je vais t’aimer autant que j’ai aimé que tu sois là et mon appart, lui, t’aime déjà.
Texte de Dyckson
Copyright Adagp, Paris 2020

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