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Ajouté le 23 févr. 2018

Dossier de Presse exposition du 5 avril au 5 mai Galerie Noëlle Aleyne rue Charlot 75003


                       « C’EST PAS DU CINÉMA »
             OEuvres récentes sur toile et sur papier
               Du jeudi 5 avril au samedi 5 mai 2018
             Vernissage jeudi 5 avril 2018 de 18h à 21h
                          Galerie Noëlle Aleyne
                      18 rue Charlot 75003 PARIS
Tél. 01 42 71 89 49 - Ouvert du jeudi au samedi de 13h30 à 19h
www.galerienoellealeyne.com - galerie.noelle.aleyne@gmail.com


A contrecourant de l’évolution de l’image dans l’histoire de l’art qui passe par la peinture, la photographie et le cinéma, Marie DÉSERT photographie du cinéma pour le peindre.
Avec une touche très personnelle, proche de la figuration américaine, détachée des préoccupations d’immédiateté qui gouvernent les modes de fonctionnements de nos sociétés, son propos s’attache à la temporalité, à la place de l’émotion et du ressenti pour lesquels prendre le temps est nécessaire.
Lorsqu’elle peint, elle est dans le temps du « faire », où progressivement se trame, via un rituel de la mise en couleur, une immersion dans l’acte de création.
Si elle fait le choix d’un cadrage cinématographique comme point de départ de son oeuvre, elle peint à main levée directement sur la toile ou sur le papier sans dessin préparatoire. De ses observations longues, de moments choisis, émerge une interprétation forte et personnelle.
Elle utilise la technique de la trichromie et du blanc, pour une mise en couleur à la fois méthodique et intuitive, avec le jaune primaire, le rouge cadmium clair et le bleu de Prusse. Le dépôt successif de couches de pigments qui n’est pas sans rappeler le procédé de sérigraphie, permet des jeux de transparences, rend visible la vivacité du trait et apporte des vibrations à la peinture, comme si l'énergie circulait d'une couleur à l'autre.
Les oeuvres exposées sont inspirées des films « Le Mépris » de Jean-Luc Godard, « Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle et « Death Proof » de Quentin Tarantino. Le passage d’une image en mouvement à un cadrage fixe présente l’intérêt d’une nouvelle perception de la scène et rend palpable émotions et atmosphère. Il se crée alors une autre temporalité, l’artiste devient « tête de lecture », actrice de ce qu’elle met en oeuvre.
Dans le film « Ascenseur pour l’échafaud » une émotion extraordinaire se dégage des arrêts sur images faits sur Jeanne Moreau. La peinture de Marie Désert en est une interprétation, qui incitera le spectateur à créer sa propre narration.
Le thème du Féminin est au coeur du travail de Marie Désert. Elle s’attache tout autant à l’esthétique du corps qu’aux émotions telles que l’empathie, la douceur, la protection ou encore l’intuition. Elle soulève l’idée que les émotions n’ont pas de genre et que tout être humain, homme ou femme doit s’autoriser d’être à l’écoute de soi, en s’affranchissant des représentations conventionnelles. Pour l’artiste, l’empathie et la sensibilité sont des émotions universelles, qui doivent être développées et reconnues en chaque être humain. Aussi, la série réalisée autour du film « Le Mépris » dépeint les rapports entre hommes et femmes. Bien que l’auteur du livre, Moravia, dépeigne le mépris comme venant de la femme, la lecture de l'artiste en est tout autre : la femme, objet du désir des hommes, y est convoitée et utilisée. Dans le film, la mort en sera le dénouement ! Dans la série de peintures inspirées de « The Grindhouse », les femmes rayonnent en usant de leurs charmes plus ou moins consciemment. L'artiste questionne à travers son travail, la violence, l’esprit de vengeance et le regard porté sur la liberté féminine souvent mal interprétée.
Par ailleurs, Marie Désert utilise prises de vues et vidéos pour donner à voir l'indicible : ce que les mots ne peuvent traduire. Elle utilise la puissance de l'image pour révéler son oeuvre et pour montrer l’acte de peindre. Ses cadrages rendent alors abstraits ce qui ne l’est pas, via des
agrandissements en gros plan au coeur de la matière et de la couleur. Réalisant la plupart de ses films en plan séquence, le balancement des déplacements témoigne de la présence de l'artiste. Le son associé aux images vient également modifier et enrichir notre perception. (texte écrti par Frédérique Létinaud et Marie Désert)

 

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